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Réhabilitation des 503 logements des tours Cités et Union
à Aubervilliers (93)

Situé au sud-est de la ville d’Aubervilliers
et limitrophe du XIXᵉ arrondissement de Paris,
le quartier Villette – Quatre Chemins est depuis 2007
en pleine mutation. Construit entre 1958 et 1975,
sous la direction de l’architecte Raymond Lopez,
il développe quatre typologies d’immeubles répartis
sur les dalles Villette et Félix Faure.

 

Le projet de réhabilitation et de résidentialisation
des tours 19 et 21 Union, et 19 et 21 Cités
est l’occasion d’apporter plus d’urbanité et de vie
au quartier, en atténuant l’omniprésence des dalles
par l’ajout de plantations et l’installation
de commerces et activités à rez-de-chaussée,
tout en améliorant le confort des habitants.

Maîtrise d’ouvrage
OPH d’Aubervilliers – CDC Habitat

Maîtrise d’œuvre
Atelier Téqui Architectes, mandataire du groupement
de maitrise d’œuvre;
GTM Bâtiment, entreprise générale mandataire;
SOGETI ingénierie, bureau d’études thermique, fluides, environnement, SSI et VRD
Kube ingénierie, bureau d’études structure;
VP Green, bureau d’études façades;
Nebbia, paysagiste;
Programme
Réhabilitation des 503 logements des tours 19 & 21 Cités
et 19 & 21 Union, sur les dalles Félix Faure et Villette
à Aubervilliers (93)
Démarche environnementale
BBC Rénovation
Surface
27 413 m² SHAB – 31 451 m² SP – 31 221 m² SU
Coût
31.38 M€
Mission
Complète, conception et direction des travaux
Calendrier
Chantier en cours, livraison prévue en 2029
Images
© Jeudi Wang – Bleu Parpaing


Le premier prototype de tours à demi-niveaux a été réalisé par Raymond Lopez dans le quartier Hansaviertel à Berlin, dans le cadre de l’Exposition internationale d’architecture Interbau, vitrine de la modernité architecturale de l’Ouest entre 1957 et 1961. Cette typologie a par la suite été reprise et adaptée par Raymond Lopez dans les années 60-70 pour la construction d’une série de tours aux portes de Paris, le long du boulevard périphérique.

Totems de la modernité et révélatrices de l’esprit d’une époque, les tours à demi-niveaux de Raymond Lopez connaissent des destins variés entre restauration pour la tour berlinoise, transformation et démolition pour les tours françaises.

 

Situées sur la dalle Félix Faure, les tours Cités se composent de 146 logements pour la tour 19 et de 109 logements pour la tour 21. Elles sont les seules tours à demi-niveaux à ne pas avoir encore connu de transformations au cours des dernières décennies. Leur état est assez dégradé mais le dessin d’origine reste parfaitement lisible.

Pour les tours Cités, le projet propose un traitement des façades qui s’inscrit comme une synthèse entre restauration et transformation du bâtiment, afin d’apporter de nouveaux usages, tout en restant fidèle à l’identité architecturale et à la composition graphique des tours initiales.

La structure qui accompagne la nouvelle épaisseur de balcons et jardins d’hiver est une déclinaison de la trame aléatoire d’origine, renforçant la perception du dessin et apportant de la profondeur aux façades existantes.

 

La nouvelle épaisseur de façade agit comme un tampon thermique entre l’extérieur et l’intérieur. Elle assure la protection solaire des baies, tandis que les panneaux vitrés rétractables des jardins d’hiver régulent les apports d’énergie solaire : ils créent un effet de serre en hiver et permettent la ventilation en été.

La structure se décline de trois manières pour apporter des usages variés, un confort thermique et des respirations à la façade : trame de jardin d’hiver, trame de balcon ou vides créant des doubles hauteurs.

Pour répondre aux enjeux de réactivation urbaine des espaces sur dalles, le projet prévoit des modifications importantes sur les rez-de-chaussée des deux tours Cités.

Ainsi, les halls sont repositionnés à l’ouest de manière à enrichir les séquences d’accès et de créer des filtres végétaux entre la rue et les entrées.
Les épaisseurs ajoutées par les nouvelles façades bioclimatiques permettent d’agrandir les locaux communs, tout en créant des marquises protégeant les entrées des intempéries. Afin de développer des rez-de-chaussée actifs, les pieds d’immeubles sont aménagés pour accueillir des locaux d’activités, avec des locaux associatifs et commerciaux.

 

Afin de rendre les séquences d’entrée sécurisées et accessibles aux personnes à mobilité réduite, le projet prévoit la création d’une nouvelle topographie atténuant la présence des dalles de parking, et une clarification des limites entre espaces publics et résidentialisés.

Situées sur la dalle Villette, les tours Union se composent de 104 logements pour la tour 19 et de 144 logements pour la tour 21. Emblématique du patrimoine du XXᵉ siècle, le mode constructif des deux tours se compose d’éléments préfabriqués, avec des panneaux de béton en façade.

 

Les bâtiments n’ont pas connu de transformation globale au cours des dernières décennies, pour autant les pâtes de verre en façade ont été recouvertes de peinture neutre, effaçant les variations de couleurs et la lecture verticale de ces tours de grande hauteur.

 

Le travail de recherche mené en amont pour étudier le projet d’origine a révélé la présence sur les grandes verticales des façades, de parements en carreaux de pâtes de verre polychromiques.

D’après les photos d’archives et les sondages effectués sur place, les couleurs de ces pâtes de verre ont pu être retrouvées, démontrant des qualités graphiques qui ont été perdues lors des précédentes rénovations.

Pour la tour Union 21, l’épaisseur de la nouvelle façade bioclimatique devient à la fois un lieu d’usage et une couche isolant le bâtiment à la saison froide.
Derrière cette vitrine protectrice, la pâte de verre est révélée et préservée telle une couche archéologique perdue. Elle redonne de la substance aux façades et restitue la composition verticale de l’architecture d’origine. La polychromie, l’irisation et l’aspect changeant de la pâte de verre, combinés à la modularité des pans de verre des jardins d’hiver apportent une grande richesse visuelle aux façades.

 

Modulables, les jardins d’hiver peuvent devenir des balcons, par le repli des panneaux de verre pivotants coulissants de la façade. Posés au nu extérieur des façades, les pans de verre peuvent s’ouvrir entièrement en se rabattant dans l’épaisseur
des séparatifs des balcons.

Pour répondre aux enjeux d’intégration urbaine que porte l’architecture de dalle, il est important de réactiver le rapport des rez-de-chaussée avec le sol. La disposition actuelle des tours Union n’offre aucun seuil entre l’espace public et le hall étroit des immeubles.

Ainsi, au cœur de la dalle, la réunion des deux tours en un îlot bien identifié, permet d’améliorer les séquences allant du public au privé et de créer un jardin qui agit comme un filtre avec les immeubles. L’îlot central végétalisé est ainsi clôturé afin d’assurer la tranquillité et l’appropriation de cet espace
par les habitants.

 

Des cheminements extérieurs sont créés à travers le jardin afin d’accéder à l’entrée du hall de la tour 19 Union, mais aussi celui de la tour 21 Union qui est déplacé au sous-sol, requalifiant les logements à rez-de-chaussée en R+1.

Des rampes PMR sont intégrées dans la surface de sol terrassée, créant un cheminement doux jusqu’aux halls.
Au rez-de-chaussée de la tour Union 19, le déplacement de la loge du gardien et la requalification de logements inoccupés permet de créer des locaux communs et d’agrandir le hall qui sera entièrement rénové.

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Restructuration d'un ensemble immobilier en 60 logements et locaux associatifs

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